
Jack White est multi-tâches. Chanteur, compositeur, multi-instrumentiste, il était présent dans les défunts White Stripes, il est toujours présent dans les Raconteurs et dans les Dead Weather, il est patron de Third Man Records, il est maintenant lancé en solo.
Le 23 avril dernier sortait Blunderbuss, le premier album solo de toute la carrière de White. Attendu par beaucoup, cet album surprend principalement, déçoit souvent. Dans toute sa carrière, White s’est fait un plaisir de ne délivrer que du gros blues rock garage. C’est maintenant terminé, Blunderbuss est beaucoup plus posé que tout ce qui a pu voir le jour précédemment. L’album ressemble à une vraie réflexion, à une introspection réalisée sur le long terme, il ne ressemble pas du tout à ce que l’on pouvait avoir comme image de Jack White, fou et virevoltant ou batteur génial.
Audio : Sixteen Saltines
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Cet album est donc beaucoup plus posé. Certains titres comme « Sixteen Saltines » rappellent ce que White avait l’habitude de faire, tandis que d’autres (« Freedom at 21 » ou « Weep Themselves To Sleep ») signalent sans ambiguïté que le jeu de guitare du gus est toujours au point. A côté de ces originalités, le disque repose sur des racines plus blues-soul que garage. « Love Interruption », le single de l’album en featuring avec la demoiselle Ruby Amanfu, est une belle balade aux accents soul, tandis que plusieurs morceaux sont agrémentés de chœurs qui viennent directement de la soul et du blues du Midwest (« I’m Shakin’ »). On ira même jusqu’à la country (certains se rappelleront de sa collaboration avec Loretta Lynn) avec la piste « Hip (Eponymous) Poor Boy », qui est sans doute une des meilleures de cet album.
Audio : Machine Gun Silhouette (Bside)
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Ce gros virage musical surprend énormément, et déçoit souvent, tant Jack White était constant dans la musique qu’il composait ou contribuait à composer. Enormément d’influences se mêlent ici, il en devient difficile de faire le tri, de mettre les choses à plat. De manière certaine, cet album est bon musicalement, mais il est aussi certain qu’il ne fera pas date dans l’histoire de la musique comme ont pu le faire d’autres albums du bonhomme.
Jack White – Blunderbuss
Sortie le 23 avril 2012
Label : Third Man Records